L'Appel

Où sont les poètes du désert ?
Où sont les seigneurs de la terre ?
Où sont les tribus palpitantes
Et leurs montures flamboyantes ?

Du désert des aïeux
Ils accourent au galop
Et la terre et les cieux
Se cachent sous leurs manteaux

Les flambeaux de la nuit
S’éteignent quand ils passent
Et le vent en furie
Caresse leurs faces

Les nuages paniquent
De peur de leur courroux
De leur éclat unique
Le soleil est jaloux

Ils viennent ! Ils arrivent !
Les enfants de Kinda !
Dans la bataille vive
Ils répandent le trépas

Détournez le regard
A l’heure de leur colère
Leurs yeux sont comme un dard
Qui transperce la chair

Entendez-vous le chant
De leurs épées cinglantes
Qui résonne dans le champ
D’une musique sanglante ?

Avez-vous vu leurs lances
Percer les dures cuirasses
Et meurtrir la panse
De la maudite race ?

Et leurs chevaux fringants
Jamais dans la mêlée
Ne cèdent un empan
A l’ennemi acharné

Fracas des boucliers
Où se brisent les hampes
Entrechocs des épées
Et des corps qui rampent

Telle est l’unique demeure
De ces grands chevaliers
Et leur âme, et leur cœur
Des bastions de fierté

Du cœur des batailles
Sont nés les Kindéris
Du cœur des batailles
Jaillit leur poésie

Ils congédient la mort
A l’heure fatidique
Seul le crépuscule d’or
Annonce leur fin tragique

Les rimes de leur vie
S’envolent vers les étoiles
Et tissent dans l’infini
La légende de leur toile

Une vie à jamais
Gravée dans la mémoire
Et pour l’éternité
Scellée dans leur histoire

Voilà les poètes du désert !
Voilà les seigneurs de la terre !
Voila les tribus palpitantes
Sur leurs montures flamboyantes !

Toujours ils répondent à l’appel !
Toujours, ils seront fraternels !